Sans Papiers, la double peine 2025-2027
Depuis 2025, je réalise, en collaboration avec l’association Aurore, un long reportage en immersion dans une structure qui accueille 300 familles sans-papiers. Toutes viennent de l’Afrique subsaharienne. La plupart ont payé des passeurs et sont arrivées sur des embarcations de fortune. Elles se sont retrouvées dans les rues de Paris. Bon nombre de femmes sont seules avec leurs bébés. Le Samu social les a pris en charge et logé dans cette structure d’accueil. Elles ont pu se poser et faire les démarches nécessaires pour obtenir la nationalité française.
Beaucoup de ces familles travaillent illégalement, dans le bâtiment pour les hommes, la restauration et la garde d’enfants pour les femmes. Véritable esclavage moderne, ils sont tributaires du bon vouloir des patrons qui les exploitent.
Il m’a fallu énormément de temps pour que les familles acceptent ma présence. Au début, je déambulais dans les couloirs sans faire d’images. Lorsque l’on vit dans la clandestinité, il est difficile de tolérer un photographe. Petit à petit, avec l’aide des éducateurs j’ai réussi à m’intégrer. Aujourd’hui, après deux années, je fais partie de la famille …
J.L Courtinat